mardi, février 05, 2008

Du sténopé « Fish-Eye » aux (faux) panoramiques verticaux de mes nouvelles fenêtres



Photos Yannick Vigouroux,
« Windows # 614, # 608 et # 616, janvier 2008 »

(Polaroïd numérique i 733)

Après plusieurs mois d'abandon – et non de « captation » (c'est en tout cas ce que j'éprouve lorsque je déclenche) –, aux nappes de flous fluides et atomisants de mon sténopé numérique, retour à la précision de l'enregistrement, grâce à un appareil « classique », doté d'un objectif.

Une netteté très relative toutefois, car les surfaces des vitres du rez-de-chaussée du Fort, sales, fissurées par endroits, marbrées d'innombrables et minuscules bosses, diffusent la lumière. Un effet renforcé par la brume matinale.

Le hasard n'existe pas. De toutes ces caractéristiques ou défauts résulte une impression de condensation, comme si l'on se trouvait à l'intérieur d'une serre tropicale saturée d'humidité. Cette condensation est aussi pour moi une condensation du monde, au sens figuré.

Lorsque j'ai pris ces images, j'avais en tête les fenêtres de mon ami Pierryl Peytavi (Cf http://fotopovera.blogspot.com/2008/01/les-fentres-de-pierryl-peytavi.html), les fenêtres de Tadashi Ono aussi, qui, au début des années 1990, réalisées justement dans des serres, se déployaient tels des kakémono traditionnels d'estampes ou de calligraphies japonaises.

Des fenêtres qui, dans mon cas, structurées en trois parties, et par quatre barreaux, sont aussi des « Échelles de Jacob ».

Au resserrement de la vision qu'impliquait le cercle de mes derniers sténopés « Fish-Eye » (mais n'est-il pas plus juste de parler d' « Human-Eye » ?) a donc succédé, dans ces faux panoramiques (« faux » parce que ce sont des vues recadrées), ce vieux désir d'extension de la vision... Se replier, se reconcentrer sur soi, telle une boule froissée, comprimée à l'extrême comme un poing serré (et dressé ?), pour mieux se redéployer ensuite ?

Aucun commentaire: